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25 novembre 2020

Quand mon cœur Cessera de battre Devant les

Quand mon cœur
Cessera de battre
Devant les photos
De Florence White

Et que la liberté
Ne sera plus
Qu'un mot
Vide de sens

Lorsque tout sera insensé
Et que le vent fera tourner
Les girouettes du sens
N'importe comment
Comme la veille
Comme toujours

Et que demain
Ne ressemblera plus
Qu'à demain
Et qu'hier
Qu'à lui-même

Quand la Creuse
Ne sera plus que la Creuse
J'aurai toujours
Les photos de Florence

 

© Julien Hoquet

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17 décembre 2019

(Sur Retraite) Laissez-moi une fois encore

(Sur Retraite)

Laissez-moi une fois encore effeuiller mes ors.
Laissez-moi, une dernière fois, faire scintiller mes feux.
Enfin, dans une ultime flambée, une dernière poussière de cuivre
Quelques feuilles s'accrochant au souvenir de leur lointain été,
Saluant le solstice
Je céderai la place avec élégance
Aux ombres majestueuses de l'hiver.

© Ariane Adam

11 décembre 2019

La naissance d'un flocon Wilson Bentley Wilson

 La naissance d'un flocon 

 

 Wilson Bentley 

Wilson Bentley (1865-1931), né à Jéricho dans le Vermont aux États-Unis, est le premier photographe connu de flocons de neige. Il perfectionna un procédé où le flocon pouvait être photographié sur du velours noir avant de se fondre ou de se sublimer. Durant sa vie, Bentley réalise plus de 5000 images de cristaux. Il décrit les flocons de neige comme de « petits miracles de beauté » et les cristaux de glace des comme des « fleurs de neige ». Malgré ces descriptions poétiques, Bentley a un œil objectif sur son travail ; son œuvre est à la jonction entre les sciences et l'art.

7 décembre 2019

(Sur Je peins la neige) Les pigeons d’Hélène

(Sur Je peins la neige)

Les pigeons d’Hélène
écrivent des poèmes chinois
sur la neige immaculée de mon cœur
Mais les neiges urbaines, les neiges urbaines …

Les neiges urbaines
sont neige blanche et neige grise
Neige jaune et neige rose
Les neiges urbaines sont les empreintes
de notre geste quotidienne

Les neiges des villes
c'est aussi la sloche sale
piétinée aux abris d’autobus
par la foule des impatients

Les neiges des villes
c'est aussi neige des jeux d’enfants
remparts de glace et balles de neige
des cours d’école prisent d’assaut

Mais les neiges urbaines c'est encore
neige virginale des parterres d’église
Tel un vitrail ajouté un matin d’hiver
par un espiègle rayon de soleil
Neiges urbaines
comme ces diamants tombés du ciel
sur des trottoirs saupoudrés du sel des Îles
ou de l’épandage des rocailles de montagne

Les neiges urbaines sont aussi
neiges noires des villes suffocantes
sous les dioxydes de carbone
Neigeant les vents de chien
Pour vous mordre avec rage

Mais ces neiges urbaines sont miennes
elles m’appellent et je vais m’y promener
en récitant des poèmes chinois, en chantant ou en priant…

© Julien Hoquet

29 janvier 2020

Le Devoir 18 mai 2016 Histoire du silence Alain

Le Devoir 18 mai 2016

Histoire du silence
Alain Corbin
Albin Michel
Paris, 2016, 216 pages

Le Devoir nous apprenait récemment que certaines bibliothèques étaient devenues des lieux de jeux et de débats où l’on pouvait même amener son lunch et apprendre le macramé. Bref, des lieux où, à l’exception de salles spécialisées, le silence n’était plus obligatoire. Assisterions-nous à la disparition du silence? C’est avec cette question en tête que l’historien français Alain Corbin s’est intéressé à l’histoire du silence (Histoire du silence, Albin Michel). Un silence dont il a l’étrange impression qu’il est aujourd’hui poussé dans ses derniers retranchements.

«Je constate comme tout le monde que les enfants ont aujourd’hui peur du silence, qu’ils identifient à l’ennui, et qu’ils passent leur temps sur des jeux vidéos et des tablettes. Or, j’ai été élevé dans beaucoup de silence. Silence à la campagne, à l’école, au collège, à l’église. Je suis donc parti de l’idée que le silence était une richesse pour toute une série de raisons et que cette richesse n’était pas appréciée de la même façon selon les époques.»

Auteur d’une magistrale Histoire du corps (Seuil) publiée il y a une dizaine d’années, Alain Corbin s’est donc lancé à la recherche des silences d’hier. Mais qu’on ne s’y trompe pas, dit-il. «Ce livre n’est pas un livre des paysages sonores. Je ne me suis pas intéressé aux fracas de Paris chez Boileau. Je ne suis d’ailleurs pas certain que la ville est aujourd’hui plus bruyante qu’hier. Le paysage sonore y est sans doute moins intense. À la campagne, c’est probablement l’inverse avec l’invasion des machines et des tondeuses. Mais ce n’est pas mon objet, qui est plutôt de savoir comment les gens appréciaient le silence avant nous.»

Sur les pas de Chateaubriand

Surplombant le paisible cimetière du Père-Lachaise, à deux pas duquel il habite, Alain Corbin s’est donc lancé dans un exercice d’«archéologie du silence». Pour cela, il s’est inspiré du dernier livre de Chateaubriand, ''Vie de Rancé'', dans lequel l’écrivain obéit à son confesseur et partit à la recherche de l’abbé Rancé, le réformateur de la Grande Trappe de Soligny, dans l’Orne. Voilà donc l’homme romantique, celui des grands silences de la mer et de la nature américaine, confronté au silence d’autrefois, celui des moines qui avaient vécu deux siècles plus tôt. L’exemple parle d’autant plus à Alain Corbin qu’enfant, il a passé quelques jours avec son père dans ce monastère proche de la maison familiale. Il se souvient d’ailleurs qu’au moment de partir, les frères convers étaient venus pousser en silence la voiture paternelle qui refusait de démarrer.

«Comme Chateaubriand, qui tente de comprendre le silence de la prière, je suis remonté aux XVIe et XVIIe siècles. Le silence était alors une richesse, celle du retour sur soi et de l’introspection. Pour les catholiques, c’était celle de l’oraison et de l’écoute de Dieu. Mais aux XVIIIe et XIXe siècles, avec le triomphe du romantisme et de l’âme sensible, on assiste à un véritable foisonnement de silences. La gamme et les textures des silences s’élargissent et se transforment sous l’influence des codes esthétiques du Sublime. Les silences de la montagne, du désert, de la mer, de la campagne et de l’amour se disent, alors qu’ils ne se disaient guère au XVIIe siècle.»

L’historienne Michelle Perrot a longuement parlé de l’importance de la chambre et de l’intimité. Alain Corbin insiste particulièrement sur les silences de l’amour. Pour les poètes et les peintres symbolistes, les amoureux n’avaient pas besoin de se parler, il leur suffisait de se regarder en silence. L’amitié non plus n’avait pas besoin de paroles. Il suffisait de marcher dans la nature avec son ami en silence, comme dira Charles Péguy. Mais, précise l’historien des sens, «le silence a toujours besoin d’être révélé par un petit bruit. L’Américain David Thoreau y revient souvent. C’est une petite grenouille, un moustique ou le bruit du vent ».

L’art de se taire

Corbin rappelle que les moralistes des XVIIe et XVIIIe siècles écrivaient que l’on appelait alors des «arts de se taire». Dans la société de cour, il fallait en effet savoir se taire. Les élites devaient parler mezzo voce. Les paysans parlaient peu mais fort, si bien qu’on entendait tout ce qu’ils disaient au confessionnal. «Vous n’imaginez pas Louis XIV parlant à tort et à travers, dit Corbin. Pour gouverner, il fallait savoir maîtriser le silence. Celui qui parle se met en danger. De Gaulle et Mitterrand possédaient encore cet art. Aujourd’hui, l’homme politique “taiseux” serait complètement à contre-courant s’il refusait de répondre aux questions de la presse.»

Pour bien mesurer combien nous avons changé d’époque, Alain Corbin rappelle que le premier exemple connu de minute de silence date de 1912 au Portugal. La «minute» en question avait alors duré plus de dix minutes! «Vous imaginez ça au parlement aujourd’hui? Lorsque je vois une minute de silence, dans un stade par exemple, je ressens plutôt l’impatience des joueurs. Et moi-même, il m’arrive d’éprouver cette impatience, alors que j’ai pourtant appris le silence. Car, le silence est une école, un apprentissage. Par exemple, au collège, on pratiquait l’adoration perpétuelle devant l’ostensoir où les élèves se succédaient. Et il fallait attendre une demi-heure avant qu’un copain vienne vous remplacer. C’était ça, l’apprentissage du silence.»

Cet apprentissage existe toujours en Orient, dit l’historien, qui visite parfois son éditeur au Japon. Chaque fois, Alain Corbin est surpris des longues minutes que ses hôtes consacrent à se recueillir lorsqu’ils passent devant un temple. «Mais il s’agit d’un autre monde et d’une culture du silence tout à fait différente», dit-il.

D’où faut-il dater cette régression du silence? Probablement des années 1960, dit M. Corbin. «Pourquoi? Je ne le sais pas. C’est certainement à cause de la médiatisation, du besoin d’être branché en permanence et, aujourd’hui, de twitter. À l’école, on nous faisait faire silence partout, au réfectoire, au dortoir, en classe, à l’église, à la chapelle. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on fait exactement le contraire. Mon ami le philosophe Alain'' Ils viennent tous les deux de l’Orne disait pourtant dans ses 'Propos' que le silence était “contagieux comme le rire”.»

Mais l’historien est convaincu qu’il y a encore des adeptes du silence. «Je crois même qu’il existe une soif de silence», dit-il. Il en veut pour preuve le succès de son livre, qu’il croyait «invendable» mais qui était récemment en rupture de stock. Et comme pour illustrer notre propos, le téléphone s’est mis à sonner pour la troisième fois de suite. Histoire d’interrompre un entretien qui aurait pu se poursuivre encore et encore…



Du silence au sens

Le poète ne peut tolérer le silence
Cette page blanche
Qui le regarde
Avec une pointe d’ironie
Cherche au fond de lui
Un trait d’union
Entre le rien et la chose à nommer
Une prière
Déposée au sédiment de l’être
Emmenée par le vent
De toute éternité
Au fond de l’âme
Le néant
Attendait ce regard
Et lentement
La cloche se met à danser
Un tintement lointain
Et la page blanche
Se noircit
Et dans le contraste
Naît le sens
Et c’est l’amour
Qui rompt le silence
C’est l’univers
Qui cherche son chemin
Dans le silence du sens

 

© Julien Hoquet

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8 décembre 2019

(Sur Insomnie) Insomnie La neige était sale et la

(Sur Insomnie)

Insomnie

La neige était sale et la mariée était en noir. Le marié portait en sautoir le soleil noir de sa mélancolie.
Les invités en queue de pie scandaient :" Un p'tit noir au comptoir, un p'tit noir au comptoir..." en buvant du Black and White.
"C'est l'heure des dominos" dit l'un d'entre-eux effeuillant un dahlia noir.
"Pour ça il nous faut le mot de passe".
" Le parfum de la dame en noir" répondit un pierrot dégingandé qui dégustait un blanc-manger.
Les dominos claquaient sur un rythme en deux temps: clac-clac, clac-clac, clac-clac.
Clac-clac, clac-clac... Le volet décroché me réveille et me libère de mon cauchemar en blanc et noir.

Pardon à G. Simenon, G. Leroux, G. de Nerval, J. Ellroy.

© Ariane Adam

22 mars 2018

Il est temps d'ouvrir les fenêtres J'ouvre ma

Il est temps d'ouvrir les fenêtres

J'ouvre ma fenêtre
Et le vent délicatement
Embrasse mes mains
Et les métamorphose
En plumes célestes

L’inouï m'engouffre
Ce monde est fantastique
Je regarde autour
Ce long glaçon
C'est la dent méchante
Qui revient d'hiver
Il se dégorge de son eau 
C'est le sang du printemps 
Et dans le ciel de mon rêve
Des oiseaux virevoltent
Un carouge sanguinaire
Pousse ses cris de guerre
Qui ne font peur à personne
Cherchant un boulin
Il va faire son nid
Loin des ennemies

Les corneilles d'Amérique
Se chamailleront encore
Avec les goélands à bec cerclé
Pour arracher au dépotoir
Quelques carcasses de souris noires
Moi je trépigne, mes doigts frétillent 
Mon cœur m'a dessiné
Des ailes qui stridulent

Au bord du vertige
Enluné d'imaginaire
Je me languis et je guette
Je me vois, grand héron
Monté sur ses longues pattes
Arpentant le marais grenouillant
Épiant sa proie heureuse
La piquant de son bec
Il se l'envoie derrière la cravate qu'il n'a pas
Et déployant ses ailes démesurées
Déchirant les nuages en papier
Nous nous envolons par la fenêtre

© Julien Hoquet

19 décembre 2018

(Sur les temps d'étang #10) Le bleu d'été au fond

(Sur les temps d'étang #10)

Le bleu d'été au fond de l'eau
Je sais qu'il reviendra bientôt
Le gris d'hiver dans la lumière
Je sais qu'il nous vient de la terre
Le vert éternel des sapins
Je sais qu'il nous dit le chemin
Du bel étang qui nous appelle
Pour nous chanter sa ritournelle
   De Noël!

© Maria Ardouin

8 décembre 2018

(Sur L’ombre des nuages) Avez-vous déjà observé

(Sur L’ombre des nuages)

Avez-vous déjà observé
L'ombre des nuages, à la campagne
Danser sur le ventre des montagnes?

Le vent est leur musique
Le soleil leur projecteur

Loin de la ville
Et de ses artifices
Je peux roucouler des heures
À les regarder danser

Et parfois, je rêve
Qu'ils m'emportent
Avec eux, sur un cerf-volant
Dans un boléro indolent
M'enroulant délicieusement
D'une musique cabalistique
Vers un ailleurs ésotérique

Vous dire, si j'aime
Ces voyageurs admirables...

© Julien Hoquet

11 septembre 2018

Chagall Le chant d'une cigale Près d'une maison

Chagall
Le chant d'une cigale
Près d'une maison bancale

Chagall
Une cathédral
De cristal
Du Neandertal
Jamais banal
Souvent royal
Jamais vénal
Toujours phénoménal

C'est le Graal
Qui se raille
C'est un chacal
Qui t'assaille

C'est un régal
Légal
Une fringale
Intégrale

Chagall
Marginal
Virginal
Idéal
Chagall
Artisanal
Tribal
Génial

Chagall. Chagall, Chagall
Du bleu sur la grisaille
Du blanc sur la canaille
Chagall, Chagall, Chagall

 

© Julien Hoquet

18 juin 2018

Les temps d’étang (4) Tu as l'air chiffonné

Les temps d’étang (4)

Tu as l'air chiffonné l'étang. Quoi, tes rides?
T'inquiète, ce sont des rides d'expression.
Celles des lèvres qui se froncent de doute, s'arrondissent de stupeur, s'étirent en sourire, s'ouvrent en éclat de rire.
Celles du menton qui tremble de colère ou de chagrin, celles des paupières, du regard blessé de soleil qui guette le retour de l'enfant, du frère.
Celles du front plissé de réflexion... et question réflexion, tu en connais un bout!
Ce sont les rides de la vie, géographie de l'existence, graffitis du visage et du coeur. Celles qu'il ne faut pas effacer.

© Ariane Adam

18 mars 2018

La neige tombait comme aujourd’huiLes wagons dans

La neige tombait comme aujourd’hui
Les wagons dans un bruit de ferrailles
Résonnaient dans ses entrailles
La nuit tombait comme aujourd’hui
Comme toujours les chiens couraient après leur queue
Les chats comme toujours se cherchaient une chaumière
Les papillons faisaient des nœuds comme toujours
Les chenilles jouaient de l’accordéon comme toujours
Mais comme jamais son cœur se serrait d’émotion 
Le ciel cachait mal sa honte et le train persiflait au loin 
La fumée qui sortait des bâtiments puaient la chair humaine
La neige tombait comme aujourd’hui
La vie avait l'air ordinaire comme aujourd'hui
Tu étais habillée pareils aux autres
Sionistes, yiddish et même roms
Pieds nus comme le Christ
Semblables à tous ces supposés riches
Mais toi, que savais-tu de la nuit? 
Tu croyais encore en paradis 
Le talmud, la main de ta mère, la voix de ton père
Les dessins naïfs à la Maison Rouge
Tu ne savais pas
Que les miracles n’existent pas
T'es entrée dans la salle des derniers espoirs
La main de ta mère tremblait

Les papillons dessinaient des nœuds
Comme aujourd'hui
Les chenilles jouaient de l’accordéon
Comme aujourd'hui
Et le train repartait vide à chaque fois

La neige tombait comme aujourd’hui
Mais l'Histoire parfois laisse des silences
Que les cœurs ne peuvent cautériser 
Que sur des aquarelles pleureuses
Ou des toiles hurlantes à donner la chair de poule
Et même avec le temps ordinaire qui batifole 
Dans l’arrière boutique des consciences
On se chagrine à regarder tomber la neige
Mais parfois ce sont des pierres
Qui devraient nous tomber dessus...

© Julien Hoquet

15 décembre 2020

La veille du jour où tu m'as écrit Etait un jour

La veille du jour où tu m'as écrit
Etait un jour comme les autres
Un jour d'hiver, gris et pluvieux.

La veille du jour où tu m'as écrit
Etait un jour qui suivait l'autre
Et je n'attendais rien du lendemain.

La veille du jour où tu m'as écrit
Je ne pouvais savoir qu'après t'avoir lu
Commencerait pour moi une autre vie.

© Ariane Adam

27 avril 2019

Le grand voyageur immobile Contemple les gens du

Le grand voyageur immobile
Contemple les gens du voyage
Dans sa tête il leur crée des îles
Eux s'ancrent dans les paysages
Tous voient leurs pensées qui défilent
Leurs aventures dans les nuages
Leurs pas ne tiennent qu'à un fil
Et moi j'ai leurs ciels en partage
Leurs sensations au bord des cils
Je file
          je nage 
                      j'effile
                               mes plages.

© Maria Ardouin

4 avril 2020

(Sur Envie) Pour toi ce bouquet Ces cristaux qui

(Sur Envie)

Pour toi ce bouquet
Ces cristaux qui scintillent
Petite vie à venir
Bien à l'abri encore
Qui va bientôt éclore
Pour toi le monde de demain
Avec ses joies, ses peurs
On te donnera la main
Tu lanceras du bonheur
Pour réveiller un avenir
Qu'on ne peut que rêver meilleur.
J'entends déjà tes yeux qui pétillent!

© Maria Ardouin

15 février 2020

Dans ce silence Que j'aime Que j'aime Le retour

Dans ce silence
Que j'aime
Que j'aime
Le retour des oies
Sauvages
Leurs battements d'ailes
Assourdissants
Qui nous annoncent
Que les amours reviennent
Dans ce silence
Que j'aime
Que j'aime
Le bruit foudroyant de tes yeux
Quand ils se posent sur moi
Avec toute la tendresse
D'une mère
Dans ce silence
Que j'aime
Que j'aime
Le flocon de neige
Qui valse au vent
Avant de se fondre
Au bout de ma langue
Oh! Que j'aime
Que j'aime
Ton silence
Éloquent

© Julien Hoquet

24 novembre 2019

Ma mère assise Dans sa chaise berçante Tricote un

Ma mère assise
Dans sa chaise berçante
Tricote un chandail
Une maille à l’endroit
Une maille à l’envers
Elle chante une chanson
Qui parle de la Normandie
Il neige
Un flocon à l’envers
Un flocon à l’endroit
Dans la cuisine
Il sent bon la soupe aux pois
Ma mère se berce doucement
Et ne pense à rien
L’horloge grignote le temps
Une seconde à l’endroit
Une seconde à l’envers
Dans la maison
Seule sa voix marmonne
Et s’accointe au silence
Avec le ronron langoureux
De la chaise berçante
Une vie à l’envers
Une vie à l’endroit
À la fenêtre danse la neige
C’est l’hiver qui joue
Aux cristaux de glace
Étoiles dendritiques
Agrégats de prismes
La buée suinte sur la vitre
Une goutte d’eau patine
De haut en bas
Et ma mère
Verse une larme
Sur sa balle de laine
Elle a oublié
Les paroles de la chanson
Ses mains tremblent
Les mailles s’entremêlent
Son cœur est à l'envers
La mort n'a plus rien à tricoter

© Julien Hoquet

9 novembre 2019

(Sur Histoire) Dans les bois de Gustave Doré Peau

(Sur Histoire)

Dans les bois de Gustave Doré
Peau d'âne et le petit Poucet
Cheminent le coeur serré
Le Prince est là aussi
Dans la nef des grands troncs noirs
Que va révéler la lumière?
Quelle sera la fin de l'histoire?
Mystère, mystère, mystère...

© Maria Ardouin

Et pour en voir plus:

https://images.app.goo.gl/mV3iV7qzv6A3kET96

https://images.app.goo.gl/ep9HG1hLEzU6PNjZ8

17 mars 2019

(Sur Ombres de lumières colorées) Les mots

(Sur Ombres de lumières colorées)

Les mots ont-ils une ombre? Curieuse question! 
Pourtant, on dit "sans l'ombre d'un doute". Doute est un concept abstrait donc, physiquement, il ne peut pas avoir d'ombre. Pourtant ça choque personne ! On pourrait tout aussi bien dire "sans aucun doute". Et bien non, il y a une nuance entre les deux expressions. Autant il n'y a pas l'ombre d'un doute sur la signification de la première; autant pour la seconde, je doute. C'est comme si "aucun" laissait plus de place à l'interprétation qu'il en a l'air. 
Et d'ailleurs, si on admet que "doute" a une ombre, il n'y a pas de raison que les autres mots ne soient pas aussi dotés d'une ombre. Par exemple "table". Comment interpréter "se mettre à table"? Vous me direz "ça dépend du contexte!" Et bien justement, il faut que le contexte nous éclaire sur la signification. On a donc bien une source lumineuse (et souvent plusieurs) qui rend possible la lecture de l'ombre ou si l'on préfère sa sémantique. J'admets que parfois c'est pas simple: il en faut de l'éclairage pour savoir ce qui se cache dans l'ombre du mot ombre! 
Maintenant qu'il ne fait plus l'ombre d'un doute que les mots ont une ombre, qu'en est-il de leur couleur? J'ai tendance à penser que seuls les poètes changent les couleurs de l'ombre des mots.

© Lyvgok

31 janvier 2019

C'est une petite ligne toute simple, le plus

C'est une petite ligne toute simple, le plus souvent rouge, qui de courbes en zigzags, traverse une carte.
Elle n'a l'air de rien comme ça, une petite ligne qu'on finirait par oublier.

Dans la rue de la Ligne*, on aurait beau la chercher, à terre, en l'air... rien.
Du côté pair, Emile a soixante dix sept ans et côté impair, Jean en affiche septante quatre.
Au-delà du carrefour, la boîte postale est jaune, par ici elle est rouge.
Le 14 juillet, on se réjouira des deux côtés devant les feux d'artifices en bleu blanc rouge et le 21 juillet ** ils trinqueront ensemble sur fond rouge jaune noir.
C'est souvent drôle, on s'en amuse.
Et il y en a des rues de la Ligne, de la Limite, de la Frontière qui résonnent ailleurs dans d'autres langues, sur d'autres musiques.

Mais un jour, le "Maître des lignes" décide de modifier la petite ligne, de la déplacer.
Et alors, ça fait du vilain. Du très vilain même.
La ligne devient plus rouge, très rouge.
Et d'autres lignes apparaissent. On les baptise "Maginot", "Siegfried" ou "démarcation".
Parfois même, on bâtit des murs...
Et un matin, après les larmes et la douleur, tu te réveilles l'étranger de ton voisin, de ton cousin, de ton frère.
Et tant de lignes de vie brusquement raccourcies.

Parce que la ligne a changé de place.
Une petite ligne qui n'avait l'air de rien.


* La rue de la Ligne existe vraiment à la frontière franco-belge.
** Le 21 juillet est la fête nationale belge.

 

© Ariane Adam

7 avril 2020

Paris, le 7 avril 2020 A une jeune fille qui

Paris, le 7 avril 2020

A une jeune fille qui lisait dans le métro

 

Ma toute belle,

Tu es, je crois, mon dernier souvenir de métro. De ces temps où nous pouvions nous déplacer tous ensemble, avant que corona ne nous enferme chez nous. 

Ligne 6, tu étais assise en face de moi et tu lisais La guerre et la paix de Tolstoï. A en juger par l'épaisseur de ce qui te restait à lire, tu devais être en pleine bataille de Borodino. A cette seconde où le prince André attend l'explosion de l'obus qui tournoie en crachotant à ses pieds et qui le tuera. Tu pouvais avoir dix-huit ans. Dans tes yeux de lectrice l'ardeur disait clairement que tu manquerais ta station. Tu lisais pour toi-même, tu lisais pour Tolstoï, mais tu lisais aussi contre le métro, contre le boulot, contre tout ce qui prétendait te priver d'être. 

Ce que tu lisais je l'avais lu plus d'un demi siècle avant toi et je m'en souvenais encore. Est-ce la mort ? se demande le prince André en regardant l'obus fuser si près de lui. Et voilà que pour la première fois il s'intéresse aux herbes qui frémissent, à l'air qu'il respire. Voilà que pour la première fois peut-être, il se sent absolument vivant. Il ne veut pas mourir. Pourtant, à l'officier qui, près de lui, se jette à plat ventre pour ne pas être blessé, il dit : Un peu de dignité, voyons ! Une phrase de ce genre. Et l'obus explose.

Eh bien voilà, ma pitchounette, l'obus a explosé. Il fallait nous y attendre. A force d'attiser le feu sous la cocotte minute, Boum ! On y a tous eu droit. Chacun confiné chez soi sur toute la surface de la planète, mais désireux de vivre encore, comme le prince André. Plus de boulot, plus de métro. Plus que soi. Et tous occupés à espérer. 

A espérer quoi, au fait ? 

Dans mon cas à espérer que tu puisses un jour raconter ça à des enfants. 

« Mes petits, dans les années 20, pendant ce foutu confinement dû au corona virus, j'ai découvert que la lecture sauvait de tous les enfermements. Un matin sur France inter, un type a raconté que le philosophe Antonio Gramsci lisait Kipling et Anna Karenine pour s'évader des prisons de Mussolini, que Soljénitsyne, l'auteur de L'archipel du Goulag, écrivait et lisait contre le bagne et le cancer, que le Chinois Dai Sijie s'était sauvé de son camp de rééducation en lisant Balzac, que, pour ne pas devenir fou, l'otage Jean-Paul Kaufmann avait relu indéfiniment le deuxième volume de Guerre et Paix. 

Ce jour-là, les enfants, j'ai donné rendez-vous aux 28 locataires de mon immeuble pour deux heures de lecture quotidienne. Je me suis assise sur mon palier et je leur ai lu Cent ans de solitude, le roman de Gabriel Garcia Marquès. Une heure le soir, une heure le matin, juste avant qu'ils ne s'endorment et juste après qu'ils se réveillent. Je n'irai pas jusqu'à dire que ce furent les cent plus belles années de nos vies, mais en tout cas ce ne fut pas du temps perdu. »

Voilà ma toute belle, je pense qu'un jour tu raconteras ça aux jeunes générations. En attendant, j'embrasse ton beau visage de lectrice. Vivent toi et ton futur.  

Daniel Pennac

Daniel Pennac est écrivain. Il est né à Casablanca et vit à Paris. Dans cette lettre adressée à une jeune femme croisée dans le métro avant le confinement, il célèbre avec tendresse, les vertus libératrices de la lecture. (France Inter, Lettres d’intérieur, le 7-04-2020)

30 décembre 2020

Demain Déjà se laisse toucher A perdu sa

Demain
Déjà se laisse toucher
A perdu sa virginité
Maculé des craintes d'aujourd'hui.
Demain déjà est trop présent
Espoirs et projets: on se met à douter
Demain a perdu sa magie de l'incertain.

L'après demain
Ce sont les jours encore flous
Les jours couleur d'aquarelle
Où l'on ose des rêves en brume pastel.
Tout est encore permis
Les mots ne sont pas encore dits
Rien n'est encore écrit.
L'après demain se teinte des couleurs de l'imaginaire
Et ce monde couleur d'orange peut encore s'espérer.

"...
Un jour viendra
Couleur d'orange
Un jour de palme
De feuillages au front
Un jour d'épaule nue
Où les hommes s'aimeront " (Aragon)

Après demain
On verra bien.


© Ariane Adam

11 avril 2020

Edgar Morin, "Résister à la prose de la vie pour

Edgar Morin, "Résister à la prose de la vie pour trouver la poésie de sa propre vie"

Il a traversé le siècle à la force de ses convictions. A 98 ans, Edgar Morin, sociologue du temps présent et philosophe de la pensée complexe, nous parle de ses amours, de ses résistances et de ses engagements dans "Les souvenirs viennent à ma rencontre". France culture, septembre 2019

24 juin 2020

23 juin 2020

 

Après le confinement et le déconfinement, voici le temps des vacances.

Chorus se met en pause; en pose longue.

 

Réouverture le 23 septembre.

 

On recherche de nouveaux choristes: poèmes, nouvelles, photos, musique, etc...

Fouillez les archives, consultez le mode d'emploi et envoyez vos contributions !

A bientôt.

 

6 juin 2018

Images sans paroles mais pas sans expression Le

 Images sans paroles mais pas sans expression

 

Cohn-bendit Mai 68

Le défi joyeux - Daniel Cohn Bendit - mai 68

 

 

 

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Quand l’absence d’expression dépasse l’expression:  "American Gothic " - Grant Wood

 

© Ariane Adam

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