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©horus 23
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15 février 2019

(Sur Ligne 6) C'était un lundi matin comme un

(Sur Ligne 6)

C'était un lundi matin comme un autre. Le petit déjeuner était prêt comme d'habitude: le café, du pain grillé, une plaquette de beurre bio et une feuille pliée en deux sur la table...
J'ai rencontré Elsa en attendant le métro, station Montparnasse, ligne 6. Elle fredonnait "Aimer à perdre la raison" chanté par Jean Ferrat...
Sur la feuille, une seule ligne...
À chaque rencontre, Elsa me défiait en fredonnant un air que je devais identifier...
Sur la ligne, deux mots, seulement deux...
C'était un lundi matin comme un autre...
Sur la feuille, une seule ligne...
Une ligne de séparation avec deux mots, deux seulement : "Je pars".

© C.P.

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24 janvier 2019

100 lignes, c'était le Tarif Minimum Garanti

100 lignes, c'était le Tarif Minimum Garanti lorsqu'on dépassait les limites en perm. Pour ça, les pions suivaient la réglementation officieuse du lycée. Et qui c'est qui se trouvait toujours dans la ligne de mire des pions? Moi, Pipo, bien sûr ! J'avais élaboré une stratégie pour éviter de me faire prendre: une ligne de front constituée des gros balèzes de la classe et moi, tout petit, caché derrière à recopier le devoir d'un pote. Mais c'était plutôt la ligne Maginot mon truc. Bref, jaune ou rouge, j'arrivais toujours à la dépasser cette foutue ligne. J'ai même dépassé la ligne de départ sans rien demander et j' suis pas loin de la ligne d'arrivée. Et pareil, j'sens qu'on va me la faire franchir sans demander mon avis! Bon, y paraît que ma ligne de vie est dans la moyenne, alors j'verrai bien
PS: il manque le dernier point à la ligne, question de conjurer le mauvais sort!

© C.P.

11 janvier 2019

Mirage, trompe-l'oeil, perspective, hologramme.

Mirage, trompe-l'oeil, perspective, hologramme.
Illusions visuelles fascinantes.
Depuis toujours, l'homme a recherché le plaisir de l'illusion, de pénétrer un monde inaccessible dans sa réalité.
Lorsque nous créons, que nous imaginons nos textes, nos poèmes, que nous nous plongeons dans un livre au point d'oublier le temps d'une lecture le quotidien qui nous perturbe, nous cherchons l'illusion.
Les décors, la peinture, le cinéma et le monde virtuel sont autant d'illusions qui jalonnent l'évolution de la société.
Aujourd'hui nous baignons dans une réalité virtuelle. Faut-il s'en inquiéter?
Aurions-nous imaginé - nous les plus anciens - qu'une "toile" virtuelle, qu'un "nuage", permettrait le partage de nos émotions et de nos idées?
L'illusion soutient souvent le rêve et c'est si bien de rêver!

© Ariane Adam

6 décembre 2018

Enigme: de quoi s'agit-il ? Indication 1: se dit

Enigme: de quoi s'agit-il ?

Indication 1: se dit parfois d'un homme rustre.
Indication 2: c'est un marchand qui ne vend rien.
Indication 3: prénom d'un saint apprécié des enfants.
Indication 4: plante dont les feuilles ont un goût de concombre.
Dernière indication à n'utiliser qu'en cas d'insomnie due à l'énigme : Pipo ne sait pas en jouer.

Réponse à n'utiliser qu'en cas d'extrême nécessité : ici

© C.P.

30 novembre 2018

(Sur Certains nuages) Par ses yeux Je sais ses

(Sur Certains nuages)

Par ses yeux
Je sais ses humeurs
Et chacun de ses caprices

Une écharpe de cirrus
S'échappe de son regard?
Alors, je la sais heureuse

Un brouillard sombre
De cumulo-nimbus effleure
Ses bourgeons en fleurs?

Alors, je vois venir sa tristesse
Et je sais que ses larmes
Viendront bientôt se mêler à la pluie

Car je sais que le ciel
N'a d'horizon
Qu'au fond de ses yeux 

© Julien Hoquet

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26 novembre 2018

"Une paréidolie (du grec ancien « para » : à côté

 "Une paréidolie (du grec ancien « para » : à côté de, et « eidôlon » : apparence, forme ) est une sorte d’illusion d’optique qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale. La paréidolie est généralement causée par la tendance naturelle à assimiler des perceptions nouvelles à celles déjà connues et répertoriées. (source Wikipédia)"

 

"Paréidolie" — Markus Fauvelle

© Lyvgok

25 novembre 2018

Car le vent Est leur maître Ils vont, roulent Et

Car le vent 
Est leur maître
Ils vont, roulent
Et s'enroulent 
Puis se déroulent
Enfin, ils courent
Et culbutent
Ils jouent à saute-mouton
Ils se forment
Et se déforment
Tantôt, on imagine
Une licorne
Et puis 
Car le vent 
Est leur maître
On devine 
Un Dauphin
Et ainsi de suite...

Là-bas, à l'horizon
Je vois venir
Les nimbostratus
Gonflés 
Des larmes sombres
Des anges désillusionnés
Car le vent 
Est leur maître

© Julien Hoquet

20 novembre 2018

(Sur les temps d'étang #9) Le temps fuit, la

(Sur les temps d'étang #9)

Le temps fuit, la rivière coule, moi je reste, je patiente, j'écoute.
Je suis un étang.
Je regarde les nuages à l'envers et laisse le vent me froisser.
J'attends celui qui s'arrête et se pose. J'écoute quand il parle et le vois qui se penche. Un peu trop fort quelquefois et ça ne me plaît pas trop.
Et lorsqu'il se tait, j'entends les accords de son silence.

© Ariane Adam

24 novembre 2018

"Être sur un nuage", ça j'ai jamais su faire. Par

"Être sur un nuage", ça j'ai jamais su faire. Par contre, je suis un pro pour ce qui est d'être dedans! Enfin, c'est ce qu'on m'a toujours dit. À croire, que c'était déjà le cas in utero parce que, paraît-il, que j' voulais pas sortir. Preuve que, même en étant dans les nuages, on garde un certain bon sens et les pieds sur terre. Et puisque j'étais atteint de nuagite chronique, autant en faire bon usage: faire d'une faiblesse une force sur le conseil de mon tonton Boris. Au début, c'est dur évidemment parce qu'on se fait rappeler à l'ordre par un bon coup de règle sur la tête (c'est un truc pédagogique pour chasser les nuages): "Pipo! Encore dans les nuages !". Et puis les gens, surtout ceux qui sont largement en dessous des nuages voire au ras du sol, finissent par se lasser et vous devenez un CAS. Devenir un cas, c'est pas donné à tout le monde mais quand on y arrive, après on est peinard : au collège, les profs n'avaient plus le temps d'attendre mon atterrissage. D'ailleurs, ils étaient déjà au courant. Sur mon dossier scolaire figurait une mention spéciale (c'est pas donné à tout le monde d'en avoir une, de mention!): "Élève à ne pas déranger: constamment dans la lune". Comme quoi j'avais bien progressé à l'école primaire pour passer de mes nuages à la lune!

© C.P.

27 octobre 2018

Je vous parle d'un temps que les moins de

Je vous parle d'un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître.
À l'école, j'ai connu des tas de méthodes pédagogiques plus ou moins efficaces. Par exemple :
- "Pipo, au coin" - "pourquoi M'dame ?" - "Discutes pas. Au coin" - "??"
- "M'dame, pourquoi qu'y a des exceptions en français ?"
- "Pipo! Tu me copieras 100 fois: je ne pose pas de questions idiotes en classe" (heureusement que tonton Boris m'avait inventé une machine à copier parce que 100 fois, c'était le tarif de base mais parfois il y avait de l'inflation).

Il y avait aussi des méthodes pour mieux apprendre: tirage d'oreille sans doute pour laisser plus de place au cerveau, coup de règle sur les doigts sans doute pour mieux comprendre la règle de trois... Et j'en passe car il y a eu des tas de réformes pédagogiques. A un moment, ma survie scolaire était en jeu et avec l'aide du tonton Boris, on a élaboré un plan. Je me suis acoquiné avec un gars fortiche en dictée, vachement balaise dans les accords en grammaire et des trucs avec exceptions comme pour les accords avec un adjectif de couleur. Lebref qui s'appelait le gars. Par contre, il était nul en problèmes. Et là, moi j'étais un crack pour résoudre les problèmes et encore plus pour en poser qu'on m'a dit. C'était quoi le plan du tonton? Et ben, en dictée, mon pote remplissait deux copies, une avec son nom et une autre avec le mien et moi, pareil en maths. Accord gagnant-gagnant. Bien sûr, on a dû s'entraîner et on a fait ça dans les règles : on a signé un accord entre nous et juré craché que sinon on irait en enfer. Pour la petite histoire, c'est l'accord Pipo-Lebref dans les annales scolaires. Le problème, c'est que je sais toujours pas comment qu'on écrit que ma copine a des tresses châtain(e,s,?) et des pupilles bleu(e,s,?) azur(e,s,?). Accord ou pas accord ?

© C.P.

23 octobre 2018

On plaque l'accord Du nouvel hymne universel

On plaque l'accord
Du nouvel hymne universel
(made in USA)
Au port, les bateaux
Lèvent le nouveau drapeau
(made in India)
Les colombes s'envolent
(made in China)
Les marins vont fêter ça
Tout est parfait!
Certains veulent du champagne
Les autres réclament la vodka
Ceux-là, préfèrent le rhum
Mais avant que la nouvelle union sacrée
Ne se brise
On apporte la bière
(made in everywhere)
Voilà, l'accord est parfait
On va se soûler la gueule

© Julien Hoquet

9 octobre 2018

(Sur la tête ailleurs) Le nez en l’air, les mains

(Sur la tête ailleurs)

Le nez en l’air, les mains dans les poches, les pieds dans l’eau et la tête ailleurs il contemple la mer.
La vague se retire et dessine sur le sable une figure éphémère qui déjà doucement s’écoule au risque de la perdre avant de la saisir in extremis en un clic salvateur.

© Ariane Adam

5 octobre 2018

"Avoir la tête ailleurs" évoque souvent un voyage

"Avoir la tête ailleurs" évoque souvent un voyage mental dans un univers réel ou imaginaire. Il s'agit d'une projection dans le temps ou dans l'espace. C'est comme un rêve mais dans un cadre délimité et avec des contraintes: une autre réalité.

"Avoir la tête ailleurs" peut aussi signifier "Ne penser à rien". S'abstraire du temps et de l'espace. Ce n'est pas une projection mais une suspension mentale: la réalité est absente.

C'est un état de déconnexion de l'environnement. Il n'y a rien de mystique, ce n'est pas non plus la recherche d'un absolu mental.
C'est: rien. Peut-être le néant d'avant la conception.

Mais où avais-je la tête ? Il est temps de remettre une bûche dans la cheminée. D'ailleurs il faut que je revienne. Ici et maintenant.

 

© Lyvgok

26 septembre 2018

Ailleurs c'est ce pan de ciel qui s'encadre entre

Ailleurs c'est ce pan de ciel qui s'encadre entre les barreaux,
C'est le poème écrit dans la tête gommant les images banales qui défilent sur l'écran.
Ailleurs c'est le chant de la rue qui s'invite dans le silence de la recluse,
C'est le bruissement des feuilles qui appelle l'enfant puni.
C'est la douceur de l'air qui entre par la fenêtre d'une classe,
C'est ce regard en suspens qui fait dire : " Elle est ailleurs ".
Ailleurs c'est le rêve d'évasion, un espoir de meilleur, l'échappée belle de l'âme.

© Ariane Adam

21 septembre 2018

Regarde par la fenêtre Vincent Les champs de blé

Regarde par la fenêtre Vincent 
Les champs de blé tourmentés 
Par les vents transgéniques 
Regarde les tournesols 
Qui ne sentent plus que le pétrole 
Et les iris cybernétiques 
Qui ne sentent plus rien 
  
Regarde ces bottines Vincent 
Lacées de misère et d’oppression 
Made in anywhere 
Et cette chaise Vincent 
Clonée un million de fois 
Interchangeable à l’infini 
Made in nowhere 
Et sur laquelle à l’infini 
On ne fait plus que s’asseoir 
Pour regarder la Télé-Singe 
Avec les buveurs de Coca-Cola 

Imagine Vincent imagine 
Vieux pou, tête de roux 
Ne cherche plus les étoiles 
Dans ce ciel de charbon 
C’est une volée de corbeaux 
Qui obnubile ton cerveau 
Ferme tes yeux verts Vincent 
Ouvre la fenêtre de ta chambre 
Tourne tes yeux vers l’autre versant 
Les cathédrales sidérales 
La douce clarté du cristal 

Prends ton chapeau de paille 
Vieille canaille 
Ton chevalet et tes pinceaux 
Et va remettre de la lumière 
Aux moulins de Hollande 
Et aux parfums de Provence… 

© Julien Hoquet

28 août 2018

Séquence polychrome. "L'Arc-en-ciel", bar haut en

Séquence polychrome.
"L'Arc-en-ciel", bar haut en couleurs.

- Un petit blanc Michel?
- Non, un petit noir.
- A cette heure-ci? T'es au régime?
- J'accorde, j'assortis, j'harmonise.
- Et t'harmonises avec quoi?
- Avec mon humeur.
- Tu pourrais développer?
- C'est rapport à Leblanc, au bureau.
- Qui çà?
- Leblanc! Le bleu, un blanc-bec. Il m'a dit que je le mettais en couleur alors j'ai vu rouge et je l'ai envoyé sur les roses. Pour ses congés il sera chocolat et moi du coup, je vais me mettre au vert.
Il va rire jaune. Sûr qu'il a mangé son pain blanc.
A propos de manger, il y a quoi au menu?
- De l'anguille au vert et des petits gris.
- Va pour l'anguille et un ballon de rouge.
- T'envoies Violette?

© Ariane Adam

1 juin 2018

Les corps s'allongent À la verticale Les couleurs

Les corps s'allongent
À la verticale
Les couleurs 
Sont subversives
Un cerf
En beau joual vert
Court dans la forêt
Nos visions
Sont angoissantes
Au fond d'un tableau
Expressionniste
La vie est subjective
Et le cri menaçant
Sur le pont de notre nuit
Mais voilà des courbes sinueuses
Qui approchent
La réalité se déforme
Et se reforme
Aux reflets de notre âme

© Julien Hoquet

26 mai 2018

« Expression libre » : c'était le sujet de la

« Expression libre » : c'était le sujet de la rédaction donné par ma prof de français. Là, je dois dire que j'ai réussi le meilleur coup de ma carrière scolaire. Que je vous explique.
C'était en mai 1968 et je m'en souviens bien à cause des événements comme on dit encore. J'étais en 6ème, encore gamin mais pas trop. Et comme tous les garçons de la classe, on flashait pas mal sur la prof de français même si on lui trouvait un air un peu trop amidonné. Au début de l'année, elle m'avait même un peu énervé avec le premier sujet de rédac « Racontez un séjour à la mer ». Alors j'ai pas pu me retenir pour lui dire « Mme, suis pas allé à la mer ». Moi, je passais les vacances dans mon coron avec mes potes et on se faisait du pèze à ramasser les patates. Et là, elle me sort que je devais inventer car en littérature, c'est plein de fiction. Déjà fiction, je voyais pas trop mais en plus, si on commence à dire n'importe quoi dans les livres, c'est plus du jeu ! Je crois que d'emblée, c'était mal parti entre nous.
Mais miracle des événements, un jour de mai, elle se pointe moins amidonné que d'habitude et même franchement top niveau : cheveux au vent, jean et basket. Elle nous fait sortir de la classe, on s'assoit tous sur la pelouse et elle nous récite un poème d'Aragon. A la fin, elle nous sort le sujet de rédac pour la semaine suivante: « Expression Libre » et nous fait un topo sur l'expression, le fait qu'on doit prendre la parole et tout un baratin. Bref.
OK mais moi, j'étais encore plus sec sur ce sujet que sur le coup du séjour à la mer. Or tout problème a une solution : j' suis allé voir mon tonton Boris qui me dit « pas compliqué Pipo, tu mets juste une phrase dans ta copie puisque c'est libre ! ». Et là, un coup de génie m'arrive direct dans le cerveau : j' fais le lien avec les événements et je reprends texto un slogan à la mode. Et pis, comme des copains étaient dans la galère comme moi, je leur refile d'autres slogans moyennant finance en calots. Et là jackpot : on a tous eu 20/20 et, pour moi, les calots en prime. Question rentabilité, c'était fortiche.
Ah oui, les slogans ?
- pour moi : « Sous les pavés, la plage » (mon clin d’œil à ma prof)
- pour Albert, dit le moustique : « Faites l'amour pas la guerre »
- pour Robert, dit l'aztec : « L'imagination au pouvoir »
et pour Ernest, dit gibus : « Soyons réalistes, demandons l'impossible ».

 © C.P.

21 mai 2018

C'est le chemin des "Bonsoir..." Le chemin des

C'est le chemin des "Bonsoir..."
Le chemin des heures apaisées, des tâches accomplies.
Celui de l'outil rangé, de l'ouvrage posé, du livre refermé,
Celui des mains croisées et des yeux clos.
C'est le chemin des murmures qui s'estompent et des pensées qui naissent.
Le chemin qui s'accorde une dernière lueur, une ultime splendeur,
Qui consent à sombrer
Pour que puisse renaître la promesse de l'aube.

© Ariane Adam

10 mai 2018

Sur la carte du temps, sans raccourci, sans

Sur la carte du temps, sans raccourci, sans fermer les yeux, je tracerai de mémoire, les chemins sinueux, les sentiers tourmentés, ceux qui mènent aux heures sombres, enfermant dans leurs courbes les visages grimaçants, les regards pétrifiés, les espaces glauques de douleur.

Je serpenterai sur les routes des ravines noires de l'horreur, celles qui résonnent encore des cris et de misère infligée.
Je te raconterai l'indicible.

Mais je te dirai surtout les voies radieuses, celles des porteurs de lumière, des vies généreuse, des destins d'exception et celles des humbles destins du quotidien. 
Je te montrerai les verticilles qui s'enchevêtrent et se dénouent pour écrire l'Histoire.
Je t'apprendrai, mon enfant, ma petite, l'histoire de ton nom, de ton peuple, de l'humanité.
A ton tour tu l'écriras, posant un à un tes pas sur la carte du temps.

 

© Ariane Adam

8 mai 2018

Je me suis égaré Il y a un roc de cela J'ai bu à

Je me suis égaré
Il y a un roc de cela
J'ai bu à l'étang
Et je me suis allongé
Pour que reviennent
Mes souvenirs
Mais je suis tombé
Dans un trou de mémoire
Et depuis ce temps
Il fait un silence minéral
Dans le chant des glaises
Et je briquerai
Et je tuilerai
Ou je poterai
Entre tes mains
Pour l'éternité
Avec la pierre
Morte dans le sablier
Et le marbre
De tous les tombeaux

© Julien Hoquet

30 avril 2018

Tout passe et tout demeureMais notre affaire est

Tout passe 
et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins 
Des chemins sur la mer 
Voyageur, le chemin
C'est les traces 
de tes pas
C'est tout ; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer

Antonio Machado

27 avril 2018

A la croisée des chemins, par raison ou par

A la croisée des chemins, par raison ou par habitude, ils ont emprunté celui de traverse ou celui des écoliers "qui sent la noisette, qui n'a ni queue ni tête".
Celui-ci le passera sans un regard pour celle restée au bord et qui a fini par le rebrousser.
Celui-là s'est révélé sur celui de Saint-Jacques ou de Damas.
L'autre encore s'est égaré dans un chemin sans issue.
Ils se sont croisés, ont parcouru un bout ensemble puis ont poursuivi leur petit bonhomme de chemin.
Un jour, chacun a posé son bagage, s'est retourné et a mesuré le chemin parcouru à l'aune de ses espoirs et de ses actes.
Enfin ils l'ont rendu puisqu'ils l'avaient emprunté...

© Ariane Adam

13 avril 2018

Le temps d'étang Vendredi, jour du poisson.

Le temps d'étang

Vendredi, jour du poisson.
Vendredi 13, jour du Lotto. Oui, avec deux "T" parce qu'en Belgique (vous aviez reconnu mon accent?) ça s'écrit comme ça. Ne demandez pas pourquoi, c'est comme l'Emmenthal suisse et l'Emmental français.
Le 13, avec ou sans vendredi, c'est jour de l'étang. Avec ou sans poisson d'ailleurs.
Bref, aujourd'hui, on s'occupe de l'étang.
On dirait un test de Rorschach. Mais si! Les taches d'encre qui font de vous un génie ou un fou selon que vous y verrez un papillon ou une tête de mort, une chauve-souris ou la face de votre patron!
Comme quoi, ça tient à peu de chose d'être catalogué. Une petite tache et clac, la célébrité ou l'hôpital. 
Vous me direz, il y a des fous célèbres mais c'est déjà assez compliqué comme çà.
Moi, dans l'étang, j'y verrais bien deux poissons à fourrure. Vous voyez bien, on y revient quand même au poisson.
Je devrais me méfier parce que des poissons à fourrure ça ne court pas les étangs même un vendredi 13!
Alors, humour ou folie?

© Ariane Adam

2 avril 2018

Sur le pont d'Charenton Sur le pont

 Sur le pont d'Charenton      

 

 

Sur le pont d’Charenton
j’ai rencontré Gaston
il m’dit j’ai bien de la peine,
Je n'trouve pas le zoo d’Vincennes
j’ai rendez-vous chez Marie-Hyène
qui m’a promis des bonbons

J’lui dis Gaston prends mon clairon
et joue cette petite chanson
Marie-Hyène t’attend sous l'pont
avec des bonbons

 

Sur le pont d’Bir-Hakeim
J’ai rencontré Kacem
il m’dit j’ai raté mon bus
pour aller jusqu’à Picpus
je dois r’trouver Marie-Cactus
qui m’a promis des madeleines

J’lui dis Kacem prends mon tandem,
et pédale le long d’la Seine
Marie est près d’la fontaine 
avec des madeleines

 

Sur le pont Mirabeau,
j’ai rencontré Jojo
Il m’dit c’est pas rigolo
j’ai perdu mon vieux banjo
je devais m’rendre à l’opéra
pour chanter la Traviata

J’lui dis Jojo prends mon piano
et porte-le sur ton dos
Si tu vois la Traviata,
embrasse-la pour moi

 Cliquer ici pour écouter Roland Roy

© Roland Roy

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