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©horus 23
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ecriture
9 mai 2019

(Sur Voyage en train) Le troupeau des nuages

(Sur Voyage en train)

Le troupeau des nuages
Contemple passer les trains
Dans le bleu des voyages
Et le vert de demain
Je songe à chaque instant présent
Inscrit dans ce lent mouvement
Qui déjà me métamorphose ...

© Maria Ardouin

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27 avril 2019

Le grand voyageur immobile Contemple les gens du

Le grand voyageur immobile
Contemple les gens du voyage
Dans sa tête il leur crée des îles
Eux s'ancrent dans les paysages
Tous voient leurs pensées qui défilent
Leurs aventures dans les nuages
Leurs pas ne tiennent qu'à un fil
Et moi j'ai leurs ciels en partage
Leurs sensations au bord des cils
Je file
          je nage 
                      j'effile
                               mes plages.

© Maria Ardouin

20 avril 2019

Le jardin gris S'éveille Le vent bourdonne À ses

Le jardin gris
S'éveille
Le vent bourdonne
À ses oreilles
Ses matins
Ne seront plus pareils
Une force fragile
Déjà l'émerveille
Quelque chose 
S'en vient
À la fois anaphorique
Et inattendue
Quelque chose 
De bouleversant
Mais aussi 
De rassurant 
Quelque chose
Qui l'excite
Quelque chose
Verdâtre et vermillon
Comme un bourgeon

© Julien Hoquet

8 avril 2019

(Sur Sombre jardin) Sous la pluie d'avril Deux

(Sur Sombre jardin)

Sous la pluie d'avril
Deux ombres très vieilles
Se promènent
Au Jardin d’Éden
Le cœur encore fasciné
Par ce sombre pommier
Au bout du verger
Elle lui montre du doigt
Mais cette fois, ensemble
Ils refuseront la pomme
Et c'est le tout premier printemps 
Qui nous viendra sur la terre

© Julien Hoquet

2 avril 2019

(Sur Il y avait un jardin) Cheveux blonds au vent

(Sur Il y avait un jardin)

Cheveux blonds au vent
Piquetés de sang
La terre nous décoiffe
Par sa beauté fragile
Ne nous restera-t-il bientôt
Que l'éternité des coquelicots
De Monet pour en garder la trace?

© Maria Ardouin

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26 mars 2019

PISTOU - Organise-toi un peu, au lieu de sentir

 PISTOU

   - Organise-toi un peu, au lieu de sentir ton savon ! s’écria Guillemette au bord de l’exaspération. Au bord de la piscine aussi, dont le haut-parleur venait d’annoncer la fermeture de midi. Mais rien ne semblait pouvoir arracher son petit frère au ravissement dans lequel son nez était plongé depuis quelques minutes.

   Bastien devait encore se rhabiller tout seul dans le vestiaire des garçons, ce que ses cinq ans le rendaient en principe capable de faire, mais Guillemette savait qu’elle aurait sans doute à patienter un bon quart d’heure devant la caissière agacée, avant de le voir sortir débraillé, incapable de se rappeler où il avait oublié sa serviette.

   Quand il finit effectivement par sortir, il avait toujours son savon à la main et la suivit comme un automate. La côte qui montait au village était bien longue, ils firent halte sur un vieux banc, très apprécié des promeneurs habituels.

   - Fais-moi sentir aussi, dit Guillemette, au moins je saurai pourquoi tu traînes !

La douceur du petit galet mauve nichée au creux de sa main, elle ferma les yeux et dilata ses narines.

   Une petite forme légère commença à se préciser dans sa tête. Des fraises ! Délicieuses et bien cachées sous leurs feuilles, qui récompensaient si bien les papilles quand on les avait dénichées.

   Tout près, des senteurs de basilic venaient délicatement compléter la dégustation.

Un petit tour vers la droite et Guillemette aperçut une bêche, aussi grande qu’elle, plantée au milieu d’une touffe de fine dentelle d’un vert très cru... des fanes de carottes !

   Un peu plus loin, une rangée de choux, gros comme la tête de Bastien, avec leurs feuilles sombres, frisées, comme plastifiées.

   Et là, juste à leur gauche, presqu’écrasé par une courge bien dodue, un petit bouquet de pensées violettes, au parfum doux et timide.

   Impossible de s’y tromper, Guillemette était dans le potager de Grand-mère, où elle aimait tant jouer, s’allonger, ramper, toucher, sentir, rêver, à l’heure de la sieste où les adultes assoupis ne faisaient plus attention à elle. Elle savourait ainsi les quelques jours qu’elle passait chez Grand-mère avec son frère, chaque fin d’été, avant l’inconnu de la rentrée, où il faudrait sauter à pieds joints.

   - Est-ce que toi aussi tu adores la couleur des aubergines ? l’interrompit Bastien d’une petite voix sucrée, pleine d’espoir.

   - Oui, je l’adore, c’est comme le vernis à ongles de Maman...

Les deux enfants se turent, plongés dans le beau jardin où ils s’étaient retrouvés en pensée, comme pour un rendez-vous secret que le petit savon leur aurait donné sans crier gare.

   Puis, main dans la main, ils reprirent leur route. L’herbe des bords était désormais peuplée de tuteurs envahis par les haricots, les tomates, accompagnés de pruniers, de rhubarbe, de groseilliers. Le village était encore loin, mais les deux petits papillons avaient tout le temps de virevolter sur la joie de cette trace magique.

 

© Maria Ardouin

24 mars 2019

La mort du jardinier (Ces fleurs qui nous font

La mort du jardinier

(Ces fleurs qui nous font mal)


Sous l’arceau du jardin potager
L’Univers s’éclate en sanglots
C’est la rosée du premier matin du monde
Sur les aubergines, les courges et les concombres

S’en allant tailler ses aumônières
Le jardinier écrase innocemment
La cigale qui revenait du bout de la nuit
La bouche pleine des feuilles du cerisier

Un vortex de champs magnétiques
Lui remonte de la moelle épinière
Jusqu’au cortex
Et dans le corps calleux de la voie lactée
les éphémères éclairent la mort de leurs morts
L’escargot s’en va chagriner ses dimanches
Le dos chargé de naines blanches
Il s’en va faire du ménage dans ses méninges

Celui qui rendait hommage aux roses sidérales
Est tombé de sa nébuleuse cérébrale
Il est sourd aux commérages de l’oseille, de la ciboulette et de la chicorée

Il a des grenouillettes sous la langue
Il bine, il bêche et il pioche
Sur ses mots comme sur la terre

Crénom de crénom de Dieu
Il est étendu comme le ciel 
Entre les serfouettes, les griffes-fleurs et les tire-racines

Sous le pont de Varole
Ne coulera plus de parole
Son sang s’est coagulé dans la circonvolution de Broca
Sa tête est médusée, son ventre dur comme une pierre

Mouches! Asticots et mantes religieuses:
Laissez-le tranquille… Il dort.

© Julien Hoquet

22 mars 2019

(Sur Les temps d’étang #3) La nature hésite

(Sur Les temps d’étang #3)

La nature hésite encore
Entre couleur et noir et blanc
L'étang, lui, a choisi ses tons
Un bleu intense et chatoyant
Pour soutenir la profondeur
Du vert des sapins bien serrés
Les autres arbres du décor
N'ont pas fini de sommeiller
Je les attends, c'est bientôt l'heure
D'enluminer le paysage.

© Maria Ardouin

22 mars 2019

(Sur Les temps d’étang #3) L'étang fait de l’œil

(Sur Les temps d’étang #3)

L'étang fait de l’œil
Aux nuages
Les conifères
Font de l'ombre
Aux arbres chenus

© Julien Hoquet

18 mars 2019

(Sur La petite maison blanche) Moi ici à l'ombre

(Sur La petite maison blanche)

Moi ici à l'ombre j'ai froid et je frissonne!
Marcher à l'ombre, c'est vite dit! Vous avez déjà vu une maison qui marche?
Et ceux qui passent n'ont même pas l'ombre d'un regard pour moi!
Mais le regard peut-il avoir une ombre?
Voilà qui risque de relancer le débat! La direction, la couleur, l'angle thêta etc.
J'ai envie de leur chanter à tous ces indifférents: "Je serai l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien, ne me quitte pas!"
Un peu de soleil dans l'eau froide sans ombre portée ce serait si bon!

© Ariane Adam

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