Ailleurs, les arbres jaunissent et les feuilles
Vêtue À l'indienne Elle ne sait où aller Elle
Vêtue
À l'indienne
Elle ne sait où aller
Elle fume de l'herbe
Elle est de nulle part
D'ailleurs
Elle est déjà ailleurs
Aux couleurs
De l'automne
Aux parfums
De l'hiver
Aux souvenirs
De l'été
Je l'ai aimée
Elle me manque
© Julien Hoquet
23 août 2018
Couleurs.
On les hisse et on les marie. Elles passent ou explosent. Franches, chaudes, locales, vives, primaires. Peu importe.
Pour un macrocosme polychrome.
Il rêvait de peindre La fluidité du mistral La
Il rêvait de peindre
La fluidité du mistral
La touffeur du soleil
Et surtout la montagne ardente
La montagne insolente
Qui se dérobait
Sous la lumière et le vent
Alors il peignait
Des paniers de pommes
Rondes comme des culs
Des corps de femme
Roses comme l'aurore
Et des rochers moisis
Comme des quignons de pain
Une bouteille verte
Un saucisson à l'ail
Et les pots de peintures
Attendaient la lumière
La lumière vive
Un chapeau, une pipe
Et le rayon qui traversera le cristal
S'amusera à renverser l’œil
Agitera son pinceau
Mais les couleurs picrates
Attiseront sa colère
Et son regard sombre
Au nord gronde l'orage
C'est Paris qui l'appelle
Et le voilà esclave
Des ciels taciturnes
Mais son génie l'écrase
Il crève de faim
Il dessine des fruits
Il est amoureux
Il dessine des fleurs
Il baise les blanchisseuses
Il caresse les seins de la fleuriste
Il sera refusé au Salon des Refusés
L'abricotier et l'oranger
Portent leurs parfums
Jaune et rouge
Au pied du gaillard
C'est la Provence qui le rappelle
Sous les feuilles pourpres
De l'Arbre de Judée
Il se la couille douce
Obsédé sempiternellement
Par cette montagne fabuleuse et monstrueuse
Il va la peindre une centaine de fois
Pour l'endimancher toute la semaine
Du feu de la vérité et de la splendeur mistralienne
© Julien Hoquet
Regarde par la fenêtre Vincent Les champs de blé
Regarde par la fenêtre Vincent
Les champs de blé tourmentés
Par les vents transgéniques
Regarde les tournesols
Qui ne sentent plus que le pétrole
Et les iris cybernétiques
Qui ne sentent plus rien
Regarde ces bottines Vincent
Lacées de misère et d’oppression
Made in anywhere
Et cette chaise Vincent
Clonée un million de fois
Interchangeable à l’infini
Made in nowhere
Et sur laquelle à l’infini
On ne fait plus que s’asseoir
Pour regarder la Télé-Singe
Avec les buveurs de Coca-Cola
Imagine Vincent imagine
Vieux pou, tête de roux
Ne cherche plus les étoiles
Dans ce ciel de charbon
C’est une volée de corbeaux
Qui obnubile ton cerveau
Ferme tes yeux verts Vincent
Ouvre la fenêtre de ta chambre
Tourne tes yeux vers l’autre versant
Les cathédrales sidérales
La douce clarté du cristal
Prends ton chapeau de paille
Vieille canaille
Ton chevalet et tes pinceaux
Et va remettre de la lumière
Aux moulins de Hollande
Et aux parfums de Provence…
© Julien Hoquet
Polychromie : drôle et rapide. Comme un allegro.
Frondaisons dorées Offertes aux reflets L'étang
Frondaisons dorées
Offertes aux reflets
L'étang pare ses eaux précieuses
Avant que les couleurs s'éteignent
Diluées par le grand pinceau de l'hiver.
© Maria Ardouin

