Tous ces visages Ces merveilleux visages Quand la
Tous ces visages
Ces merveilleux visages
Quand la liberté
N'est plus qu'une
Simple vue de l'esprit
Tous ces merveilleux visages
Quand un banc de bus
Est un trône
© Julien Hoquet
Iziak, La liberté assise, hommage à Rosa Par
Iziak, La liberté assise, hommage à Rosa Parks
L'autre jour, j'ai mangé un pistolet au filet
L'autre jour, j'ai mangé un pistolet au filet américain : ça ne m'a pas trop goûté.
Ne vous effrayez pas: j'ai simplement mangé un petit pain fourré au steak haché et cela ne m'a pas tellement plu.
© Ariane Adam
Les corps s'allongent À la verticale Les couleurs
Les corps s'allongent
À la verticale
Les couleurs
Sont subversives
Un cerf
En beau joual vert
Court dans la forêt
Nos visions
Sont angoissantes
Au fond d'un tableau
Expressionniste
La vie est subjective
Et le cri menaçant
Sur le pont de notre nuit
Mais voilà des courbes sinueuses
Qui approchent
La réalité se déforme
Et se reforme
Aux reflets de notre âme
© Julien Hoquet
Forêt de soie De troncs plantés Comme des
Forêt de soie
De troncs plantés
Comme des pinceaux
Et toute cette douceur
Qui descend, qui descend...
Je glisse dans la couleur
Et je vois le monde
Qui passe, qui passe...
© Maria Ardouin
Expressionnisme : expression d’une impression. ©
Anne Vanderlove, Ballade au vent des collines
Anne Vanderlove, Ballade au vent des collines (1968)
Si son ami canadien a parfois les deux yeux dans
Si son ami canadien a parfois les deux yeux dans le même trou, Robert, lui, n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Il aime se mettre des barres avec ses potes et quand ils se gondolent, le roi n'est pas son cousin! Mais s'il se prend un rateau avec une blague carambar qui casse pas trois pattes à un canard, ça craint! Il mange son chapeau et il peut même être tellement péteux qu'il prend la poudre d'escampette. C'est qu'il se mouche pas du pied, Robert, il se prend pas pour la moitié d'un pipi de papillon! Voyez-vous, la vie c'est au plus fort la pouque! Quand ça prend pas le chemin des écoliers, ça se vole dans les plumes, ça se castagne, ça se défonce le portrait. Après, y a plus qu’à tirer l'échelle ou à faire la paix en s'en jetant un derrière la cravate, du bon de préférence, le petit Jésus en culotte de velours. Faut quand même pas pousser mémère dans les orties, on est pas des boeufs!
© Maria Ardouin (avec la participation d’Eric Ardouin)
« Expression libre » : c'était le sujet de la
« Expression libre » : c'était le sujet de la rédaction donné par ma prof de français. Là, je dois dire que j'ai réussi le meilleur coup de ma carrière scolaire. Que je vous explique.
C'était en mai 1968 et je m'en souviens bien à cause des événements comme on dit encore. J'étais en 6ème, encore gamin mais pas trop. Et comme tous les garçons de la classe, on flashait pas mal sur la prof de français même si on lui trouvait un air un peu trop amidonné. Au début de l'année, elle m'avait même un peu énervé avec le premier sujet de rédac « Racontez un séjour à la mer ». Alors j'ai pas pu me retenir pour lui dire « Mme, suis pas allé à la mer ». Moi, je passais les vacances dans mon coron avec mes potes et on se faisait du pèze à ramasser les patates. Et là, elle me sort que je devais inventer car en littérature, c'est plein de fiction. Déjà fiction, je voyais pas trop mais en plus, si on commence à dire n'importe quoi dans les livres, c'est plus du jeu ! Je crois que d'emblée, c'était mal parti entre nous.
Mais miracle des événements, un jour de mai, elle se pointe moins amidonné que d'habitude et même franchement top niveau : cheveux au vent, jean et basket. Elle nous fait sortir de la classe, on s'assoit tous sur la pelouse et elle nous récite un poème d'Aragon. A la fin, elle nous sort le sujet de rédac pour la semaine suivante: « Expression Libre » et nous fait un topo sur l'expression, le fait qu'on doit prendre la parole et tout un baratin. Bref.
OK mais moi, j'étais encore plus sec sur ce sujet que sur le coup du séjour à la mer. Or tout problème a une solution : j' suis allé voir mon tonton Boris qui me dit « pas compliqué Pipo, tu mets juste une phrase dans ta copie puisque c'est libre ! ». Et là, un coup de génie m'arrive direct dans le cerveau : j' fais le lien avec les événements et je reprends texto un slogan à la mode. Et pis, comme des copains étaient dans la galère comme moi, je leur refile d'autres slogans moyennant finance en calots. Et là jackpot : on a tous eu 20/20 et, pour moi, les calots en prime. Question rentabilité, c'était fortiche.
Ah oui, les slogans ?
- pour moi : « Sous les pavés, la plage » (mon clin d’œil à ma prof)
- pour Albert, dit le moustique : « Faites l'amour pas la guerre »
- pour Robert, dit l'aztec : « L'imagination au pouvoir »
et pour Ernest, dit gibus : « Soyons réalistes, demandons l'impossible ».
© C.P.


