(Sur Lignes noires) A bâtons rompus L'eau se
(Sur Lignes noires)
A bâtons rompus
L'eau se brise.
Hampes fuligineuses
Les flambeaux sont éteints.
La fête se délite sur la lagune.
© Ariane Adam
(Sur Lignes noires)
A bâtons rompus
L'eau se brise.
Hampes fuligineuses
Les flambeaux sont éteints.
La fête se délite sur la lagune.
© Ariane Adam
(Sur Lignes noires)
Les embâcles
Se briseront
Et les glaces
Se déliteront
De leur silence
© Julien Hoquet
(Sur Lignes noires)
Les fumées noires
Des cheminées
S'entremêlent
Dans le ciel
De la mer
© Sylvestris
C'est une petite ligne toute simple, le plus souvent rouge, qui de courbes en zigzags, traverse une carte.
Elle n'a l'air de rien comme ça, une petite ligne qu'on finirait par oublier.
Dans la rue de la Ligne*, on aurait beau la chercher, à terre, en l'air... rien.
Du côté pair, Emile a soixante dix sept ans et côté impair, Jean en affiche septante quatre.
Au-delà du carrefour, la boîte postale est jaune, par ici elle est rouge.
Le 14 juillet, on se réjouira des deux côtés devant les feux d'artifices en bleu blanc rouge et le 21 juillet ** ils trinqueront ensemble sur fond rouge jaune noir.
C'est souvent drôle, on s'en amuse.
Et il y en a des rues de la Ligne, de la Limite, de la Frontière qui résonnent ailleurs dans d'autres langues, sur d'autres musiques.
Mais un jour, le "Maître des lignes" décide de modifier la petite ligne, de la déplacer.
Et alors, ça fait du vilain. Du très vilain même.
La ligne devient plus rouge, très rouge.
Et d'autres lignes apparaissent. On les baptise "Maginot", "Siegfried" ou "démarcation".
Parfois même, on bâtit des murs...
Et un matin, après les larmes et la douleur, tu te réveilles l'étranger de ton voisin, de ton cousin, de ton frère.
Et tant de lignes de vie brusquement raccourcies.
Parce que la ligne a changé de place.
Une petite ligne qui n'avait l'air de rien.
* La rue de la Ligne existe vraiment à la frontière franco-belge.
** Le 21 juillet est la fête nationale belge.
© Ariane Adam
(Sur Points à la ligne)
L'enfant épouse la courbe
Du ventre de sa mère
Il se prépare
Bientôt le grand élan
Les étoiles l'attendent
Elles lui apprendront
La profonde lumière.
© Maria Ardouin
(Sur Points à la ligne)
La ligne d'un pont
Entre ciel et mer
Les étoiles se courbent
Pour saluer cette élégance
La nuit se creuse
Mes yeux se taisent
Un mystère se contemple.
© Maria Ardouin
(Sur Points à la ligne)
Une gracieuse courbe électrique
Faites de petits points en spirales
Qui laisse choir ses douces étoiles
Dans l'éclat de tes yeux galactiques
© Julien Hoquet
100 lignes, c'était le Tarif Minimum Garanti lorsqu'on dépassait les limites en perm. Pour ça, les pions suivaient la réglementation officieuse du lycée. Et qui c'est qui se trouvait toujours dans la ligne de mire des pions? Moi, Pipo, bien sûr ! J'avais élaboré une stratégie pour éviter de me faire prendre: une ligne de front constituée des gros balèzes de la classe et moi, tout petit, caché derrière à recopier le devoir d'un pote. Mais c'était plutôt la ligne Maginot mon truc. Bref, jaune ou rouge, j'arrivais toujours à la dépasser cette foutue ligne. J'ai même dépassé la ligne de départ sans rien demander et j' suis pas loin de la ligne d'arrivée. Et pareil, j'sens qu'on va me la faire franchir sans demander mon avis! Bon, y paraît que ma ligne de vie est dans la moyenne, alors j'verrai bien
PS: il manque le dernier point à la ligne, question de conjurer le mauvais sort!
© C.P.
(Sur Les temps d’étang #1)
L'étang s'est brouillé
Avec le ciel
L'hiver s'est fâché
Avec les oiseaux
Et les arbres
Se sont rembrunis
© Julien Hoquet
(Sur La grande façade)
Il n'y a pas de murs
Incontournables
Sauf peut-être
Le mur de nos illusions
On prend le bateau
Pour les fuir
On s'arrime au port
Au bout du monde
Pour enfin réaliser
Que nous les avons
Emportées avec nous
Dans nos bagages
© Julien Hoquet