Le calme des arbres Bien rangés Verts si variés
Le calme des arbres
Bien rangés
Verts si variés
Le calme de l'eau
Bien gardée
Par ces reflets
Mes yeux bien plantés
Dans cette éternité
Qui me berce vers l'été.
© Maria Ardouin
Le calme des arbres
Bien rangés
Verts si variés
Le calme de l'eau
Bien gardée
Par ces reflets
Mes yeux bien plantés
Dans cette éternité
Qui me berce vers l'été.
© Maria Ardouin
Sur la carte du temps, sans raccourci, sans fermer les yeux, je tracerai de mémoire, les chemins sinueux, les sentiers tourmentés, ceux qui mènent aux heures sombres, enfermant dans leurs courbes les visages grimaçants, les regards pétrifiés, les espaces glauques de douleur.
Je serpenterai sur les routes des ravines noires de l'horreur, celles qui résonnent encore des cris et de misère infligée.
Je te raconterai l'indicible.
Mais je te dirai surtout les voies radieuses, celles des porteurs de lumière, des vies généreuse, des destins d'exception et celles des humbles destins du quotidien.
Je te montrerai les verticilles qui s'enchevêtrent et se dénouent pour écrire l'Histoire.
Je t'apprendrai, mon enfant, ma petite, l'histoire de ton nom, de ton peuple, de l'humanité.
A ton tour tu l'écriras, posant un à un tes pas sur la carte du temps.
© Ariane Adam
« Si tu veux savoir où aller, il te faut pas oublier d’où tu viens… »
Jean Métégnier, "Une Italie qui chante", Cie Le Chat perplexe
Je me suis égaré
Il y a un roc de cela
J'ai bu à l'étang
Et je me suis allongé
Pour que reviennent
Mes souvenirs
Mais je suis tombé
Dans un trou de mémoire
Et depuis ce temps
Il fait un silence minéral
Dans le chant des glaises
Et je briquerai
Et je tuilerai
Ou je poterai
Entre tes mains
Pour l'éternité
Avec la pierre
Morte dans le sablier
Et le marbre
De tous les tombeaux
© Julien Hoquet
« "Il n'y a plus beaucoup de liberté dans le monde, c'est entendu, mais il y a encore de l'espace." (G. Bernanos)
L'espace! Il offrait ses replis à qui voulait bien s'agenouiller au-dessus des cartes et communier à leur pouvoir... Ces tracés en étoile et ces lignes piquetées étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour les services forestiers, des appuis de lisières, des viae antiques à peine entretenues, parfois privées, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se veinait de ces artères. C'étaient mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l'échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n'y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage. Certains hommes espéraient entrer dans l'Histoire. Nous étions quelques-uns à préférer disparaître dans la géographie. »
S. Tesson, « Les chemins noirs. »
© Sylvestris
Le chemin des Dames
Gamin, j'ai appris à l'école que « nos vaillants poilus avaient bouté l'ennemi hors de nos frontières ». Bouté, j'voyais pas mais j'avais capté que nos poilus avaient été héroïques au chemin des Dames. Et « héroïques », ça j'avais bien capté. J'avais enfin trouvé ma voie : plus tard, je serai poilu ! Aussi sec, j'vais annoncer la nouvelle à mon tonton Boris qui me dit « gamin, faut savoir le pourquoi du comment et le comment du pourquoi ». Là non plus, j'avais pas bien capté mais j'fais confiance à mon tonton parce que c'est une tête, comme on dit. Et il me dit « va voir là » :
https://www.youtube.com/watch?v=z-yRaEYQNQs
J'ai encore du chemin à faire avant d'être grand !
© C.P.
« Le chemin se fait en marchant… »

Chemin de pierres et pierres sur le chemin. Chemin bleu de travail.
© fw